Cineco - Alice au pays des merveilles- 16/07/2010
Adultes : 5 € ; < 12 ans : 3 € ; Abonnement 4 places : 16 €
Fantastique de Tim Burton
Alice, désormais âgée de 19 ans, retourne dans le monde fantastique qu'elle a découvert quand elle était enfant. Elle y retrouve ses amis le Lapin Blanc, Bonnet Blanc et Blanc Bonnet, le Loir, la Chenille, le Chat du Cheshire et, bien entendu, le Chapelier Fou. Alice s'embarque alors dans une aventure extraordinaire où elle accomplira son destin : mettre fin au règne de terreur de la Reine Rouge. Organisation
Une blonde qui venge les blondes. C’est d’abord ça, Alice version Burton pour les studios Disney. La réinvention d’un personnage qu’on croyait bien connaître. Une relecture qui vaut restauration. Et la preuve concrète que les grands cinéastes survivent aux exercices de style les plus contraignants. Ce remake en est un. Lorsqu’on est un inventeur de mondes et de climats comme Tim Burton, 51 ans, accepter de pousser une nouvelle fois au fond du trou la petite fille avec la robe bleue comportait une part de risque.
Risque de ne pas être original ; ou bien trop. Risque de trahir l’esprit et l’histoire ; ou de la dénaturer. Mais non. Le réalisateur de Charlie et la chocolaterie a une nouvelle fois trouvé la juste distance entre création absolue et classicisme. Entre échappée gothique et réflexion teintée de mélancolie sur la nécessité de grandir. La première caractéristique du scénario de Linda Woolverton, sur lequel Burton a travaillé ici, est d’apporter du sens à un conte qui en était justement dépourvu, puisque se déroulant dans un univers rêvé.
Le récit est d’emblée prétexte à des fulgurances décoratives et des points d’orgue stylistiques. Alice qui rétrécit, puis devient géante. Alice qui renie la peur et prend son destin en main. Le film doit beaucoup à l’humour hystérique et teinté de spleen que dégage le personnage de Johnny Depp ; et au charisme de la comédienne australienne Mia Wasikowska qui incarne Alice. Tim Burton commence par nous la montrer pâlotte et négative. Avant de se métamorphoser en héroïne indépendante, désobéissante, terriblement moderne. Lewis Caroll avait fait d’Alice une spectatrice de son rêve. Tim Burton la mue en actrice de sa vie. Pour solde de tout… conte ! Magnifique.
USA, 2010, 1h49, tout public accessible dès 6 ans, version française
Avec Johnny Depp, Mia Wasikowska , Michael Sheen...
cineco@free.fr


